Lire la fiche technique d'un masque LED
Un masque LED se juge sur quatre nombres. Tous les autres arguments sont du décor. Voici comment les lire, et comment comparer deux appareils en trois minutes.
1. La longueur d'onde, en nanomètres
C'est la seule donnée qui dit ce que fait l'appareil. La lumière n'agit pas parce qu'elle est « rouge » mais parce qu'elle se situe dans une plage absorbée par une enzyme mitochondriale, la cytochrome c oxydase. Les longueurs d'onde les mieux documentées en rajeunissement cutané se situent autour de 630 à 660 nm pour le rouge, et 810 à 850 nm pour le proche infrarouge.
Méfiez-vous d'une fiche qui annonce une couleur sans valeur en nanomètres. Méfiez-vous aussi d'une fiche qui annonce des valeurs incohérentes : un « violet » déclaré à 530 nm est physiquement du vert. Cela arrive plus souvent qu'on ne le croit, y compris chez des fabricants installés.
2. L'irradiance, en mW/cm²
C'est la puissance lumineuse reçue par centimètre carré de peau. C'est le chiffre le plus souvent absent des fiches grand public, et c'est aussi le plus important après la longueur d'onde.
Sans irradiance, vous ne pouvez pas calculer la dose. Et sans dose, vous ne savez pas si votre séance ressemble à celles des études ou si elle n'apporte rien.
3. La durée de séance, en secondes
Généralement entre 10 et 20 minutes pour un masque. Une durée courte associée à une irradiance faible donne une dose négligeable.
4. La dose, en J/cm²
C'est le chiffre qui compte vraiment, et presque personne ne le publie. Il se calcule :
Dose (J/cm²) = irradiance (mW/cm²) × durée (s) ÷ 1000
Un exemple. Un appareil à 30 mW/cm² pendant 10 minutes, soit 600 secondes : 30 × 600 ÷ 1000 = 18 J/cm² par séance.
Pour donner un point de comparaison, l'essai contrôlé de Wunsch et Matuschka (Photomedicine and Laser Surgery, 2014) a utilisé une dose d'environ 23 J/cm² par séance, trente séances sur quinze semaines. Un appareil qui délivrerait 2 J/cm² par séance n'est pas le même produit, quel que soit son prix.
Attention : plus n'est pas mieux. La littérature décrit une réponse biphasique — en deçà d'un seuil, rien ne se produit ; au-delà d'un autre, l'effet s'inverse. Allonger arbitrairement une séance n'est donc pas une bonne idée.
Les six arguments qui n'en sont pas
- « 7 couleurs » — le nombre de modes ne dit rien de la puissance de chacun.
- « Technologie NASA » — la NASA a effectivement travaillé sur les LED. Cela ne dit rien de l'appareil que vous achetez.
- « Utilisé par les professionnels » — les appareils d'institut sont des panneaux, pas des masques souples grand public.
- « Certifié CE » — le marquage CE est une auto-déclaration du fabricant, pas une certification par un tiers. Son absence est un signal d'alarme ; sa présence n'est pas une preuve de performance.
- « X millions de LED » — un grand nombre de diodes faibles ne vaut pas quelques diodes correctement dimensionnées.
- « Résultats visibles en 7 jours » — aucun protocole publié ne rapporte cela.
Le tableau à remplir avant d'acheter
Pour chaque appareil comparé, notez : longueurs d'onde par mode (nm), irradiance (mW/cm²), durée recommandée (s), dose calculée (J/cm²), groupe de risque photobiologique EN/CEI 62471, présence d'une déclaration UE de conformité, nom du fabricant et de la personne responsable dans l'Union européenne.
Si un vendeur ne peut pas remplir les quatre premières lignes, il ne sait pas ce qu'il vend. Vous avez votre réponse.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un avis médical.